Charles François Daubigny
(Paris, 15 février 1817- Paris, 19 février 1878)
Daubigny, né à Paris en 1817, issu d’une grande famille de peintres et de santé délicate, fut mis en nourrice à Valmondois chez la " Mère Bazot ". Après de nombreuses pérégrinations, il aimait à revenir peindre... " dans ce village qui, après tout, est le plus varié de lignes que je connaisse dans la région parisienne ", disait-il.
Les bords de l’Oise
l’attirent...
En 1857, il fait construire, sur une barque, une petite cabine
peinte de larges bandes de couleurs différentes, et de cet atelier
flottant "le Botin" manoeuvré par son fils, il peint les bords de
l’Oise, la navigation fluviale et le fond de la colline aux
pentes douces.
Un précurseur
De tous les paysagistes de son époque, à l’exception de
Boudin, Daubigny paraît être le seul à travailler d’après
nature. Il est critiqué, même Théophile Gautier pourtant favorable
aux recherches nouvelles écrit : " Il est vraiment dommage que ce
paysagiste, d’un sentiment si vrai, si juste et si naturel,
se contente d’une impression et néglige à ce point les
détails. " Mais le but de Daubigny était justement de résumer des
impressions (en 1865 un critique l’avait même surnommé le
"chef de l’école de l’impression ").
La Maison-atelier du peintre à
Auvers
Daubigny mène aussi quai d’Anjou une vie très parisienne,
mais il se rend souvent à Auvers. Lors de ses séjours et
jusqu’en 1860, il habite une petite maison de la ruelle des
Callepont, près de l’église. Trois pièces trop petites pour
toute la famille, mais toutes proches du café de la Station tenu
par Partois, où le repos, les causeries du soir réunissent souvent
toute la bande : les Daubigny, Corot, Daumier, Oudinot,
Geoffroy-Dechaume, Léonide Bourges, ses parents et Rajon (le
graveur).
En 1860, il achète un terrain couvert de haricots situé dans les
vallées alors coin perdu entre le parc du château et le domaine des
Colombières et s’y fait construire un atelier de huit mètres
sur six avec "quelques chambres autour". Les plans et devis faits
par Oudinot doivent être réduits pour des questions d’argent.
Le tout est terminé en 1861. Daubigny compte alors beaucoup
d’amis et de nombreux élèves.
Parmi les principaux visiteurs citons : François, Harpignies,
Jules Dupré, Delpy, Perret père et fils, Damoye, Charles Jacque,
Groisseilliez, Pelouse (de Pierrelaye), les soeurs Morizot et bien
d’autres.
Sur les
traces de Daubigny à Auvers :
Sa maison-atelier
avec ses murs peints par le peintre et ses amis est ouverte aux
visites.
Au pied de l’église d’Auvers, un buste réalisé par Léon Fagel
célèbre sa mémoire.
Le musée qui porte son
nom, inauguré en 1987, présente des rétrospectives de son
oeuvre.
Voir Auvers
peint par Daubigny
La reconnaissance
En 1870, de retour en France après la guerre, il poursuit le
combat qu’il avait débuté en 1866 en faveur des jeunes
peintres. Il continue de fréquenter son ami Corot, qui disparaît en
1875. Daubigny devient notable à Auvers. L’exposition
universelle fait venir en France beaucoup d’étrangers et en
1878, le commerce des tableaux a déjà fait connaître, surtout en
Angleterre et en Amérique, l’École de Barbizon et Daubigny
alors seul représentant réputé de la future École d’Auvers.
Dès cette époque, les artistes et les touristes viennent
jusqu’à Auvers, beaucoup y séjournent, quelques-uns y restent
comme : Sprague-Pearce de Boston, élève de Bonnat, et Wickenden,
peintre lithographe anglais élève d’Oliver Merson et
d’Hébert.
C’est à Paris, loin des bords de l’Oise, qu’il
meurt en 1878. Ses obsèques au Père-Lachaise rassemblent 1500
personnes, le 19 février 1878. En 1890, après la mort de sa femme,
Van Gogh peint "Le jardin de Mme Daubigny".