L'église Notre-Dame d'Auvers
Construite en pierre du pays, l'église n'était à l'origine qu'une humble chapelle, édifiée vers la fin du XIe siècle sur les terres du roi Philippe Ier. En 1131, la volonté du roi Louis VI le Gros, son fils, attribua la chapelle à une abbaye dont elle dépendra jusqu'à la Révolution. Cette abbaye n'est autre que celle de Saint-Vincent de Senlis. Par ce don, un lien de près de sept siècles se trouve donc tissé par Louis VI entre la petite ville du Valois (Senlis) et le bourg du Vexin (Auvers). Ce sera un religieux de Saint-Vincent de Senlis qui assurera la charge de prieur-curé d'Auvers. Une confrérie en l'honneur du saint martyr, marquera encore l'influence spirituelle de l'abbaye.
L’abside et le clocher furent
érigés vers 1170 ; la nef entre 1190 et 1220. Tous les travaux
reflètent l’influence de Notre-Dame de Paris, notamment dans
la variété des éléments des chapiteaux, la flore "simple et large",
les figures humaines et les animaux bizarres. C’est dans la
première moitié du XIIIe siècle, que Notre-Dame d’Auvers
aurait reçu le titre d’église paroissiale.
La dévotion à Marie, qui se manifeste à Auvers comme dans tout le
reste de la France, va prendre une ampleur extraordinaire au début
du XVIIe siècle, époque des processions et des indulgences. Le pape
Paul V, le 10 avril 1607, à la requête de Charles de Berbisy,
accordait à tous les fidèles qui auront visité dévotement
l’église paroissiale d’Auvers, le jour du
Saint-Sacrement, une indulgence plénière et la rémission de tous
leurs péchés. La vitalité de la paroisse est grande. Le nombre des
vicaires passe de cinq au début du siècle, à sept quelques années
plus tard. Une confrérie du Rosaire est créée en 1617. C’est
probablement à cette même époque, que fut installé l’autel de
bois très enluminé, devenu aujourd’hui l’autel de
Saint-Joseph. Parmi les dévôts de Notre-Dame d’Auvers :
Jean-François de Berbisy et son fils Etienne.
Après l’apogée, voici le temps de l’épreuve. Peu à
peu, la prospérité de l’église s’est dégradée et sa
situation financière est devenue précaire. Plus qu’un seul
vicaire en 1779. Six mois avant que l’église soit fermée par
la Révolution, on mettait en adjudication les bancs et les plans
pour payer les créanciers. En janvier 1791, le curé et son vicaire
prêtent le serment constitutionnel. Il continua à vivre dignement
se gardant de tous les excès (certains allèrent jusqu’à
livrer leurs lettres de prêtrise pour être brûlées) et en bonne
intelligence avec tous. Voici pourtant la fin de l’épreuve.
La vie religieuse reprend peu à peu, les anciennes confréries sont
rétablies.
Van Gogh projeta dans
l’immortalité cette église profondément insérée dans la durée
des siècles. Et la vieille église trapue, perchée sur la partie
haute du village, reprend vie devant l’afflux des visiteurs
venus de tous les points du monde.
La tour-clocher renferme trois cloches, l’une
Madeleine-Marie, datant de 1733, donne le Mi et les deux autres de
1891, juste après la mort de Van Gogh, donnant le Ré et le Fa
dièze. Du sol montent quatre contreforts portant les arcs-boutants
qui soutiennent la nef centrale. Entre le troisième et le quatrième
s’ouvre le portail où, jusqu’à la Révolution, fut
placée la statue de Notre-Dame d’Auvers.
L’intérieur de l’église, de style gothique
classique, est formé d’une nef de tombes des prêtres,
seigneurs et grands fermiers enterrés dans l’église. Le
transept date, comme le choeur, de 1170. Sur la gauche, la chapelle
Saint-Joseph avec un beau tabernacle en bois doré du XVIIe siècle,
à droite, la chapelle de la Vierge avec sa statue.