50 mètres plus loin, on trouve à droite les vestiges de la chapelle
Saint-Nicolas. Mis à part le toit qui était effondré, elle
est encore presque entière en 1914. Aujourd’hui, il
n’en subsiste plus que la façade, avec son porche émergeant à
demi de la chaussée surélevée et les ouvertures béantes de ses
hautes fenêtres en ogive couronnées de lierre. Cette chapelle
existait déjà en 1222, sous le nom de
Saint-Nicolas-des-Lépreux. Elle faisait assurément partie
d’une léproserie (ou maladrerie) entièrement disparue.
Monument classé depuis 1948, elle mériterait encore de voir ses
restes restaurés. Une tradition veut que Saint-Louis, quand il
allait de Poissy ou de Pontoise à Royaumont, s’arrêtait pour
prier en cette chapelle Saint-Nicolas.
Au-delà, après une descente et une remontée, la rue des Roches
présente sur la droite quelques habitations troglodytes encore
occupées. Depuis toujours et naguère encore, ces habitations
étaient assez nombreuses à Auvers. Creusées facilement dans le tuf
assez friable de la falaise, elles sont toujours sèches, fraîches
en été, mais jamais froides en hiver.
Après un petit carrefour, la route devient sinueuse en abordant
le quartier du Valhermeil.
C’était un hameau jadis séparé de Chaponval et de Pontoise
par des étendues de terrains maraîchers, comme en témoigne le lieu
dit "le Chou". Aujourd’hui, les propriétés ne
laissent plus d’intervalles entre leurs jardins. Ce très
vieux quartier bâti dans le fond d’une petite vallée, tire
son nom d’un ancien seigneur de l’endroit, nommé Hermé,
ou Hermay, ou Hermeil, d’où le Valhermeil. Plusieurs vues de
l’entrée du Valhermeil ont été peintes par Cézanne, plusieurs
autres par Pissarro qui habitait alors à Pontoise et venait souvent
chez le Docteur Gachet à Auvers.
-
Ainsi, de
Pissarro,
"la Sente du Chou",
"Vue d’Auvers" du haut du Valhermeil, et
"les Toits Rouges’’.
-
De Cézanne,
"Vue d’Auvers" également du haut du Valhermeil.
A partir de là, il faut
retourner sur ses pas.
On peut reprendre toute la route en sens inverse jusqu’à
la mairie d’Auvers, pour les bons marcheurs. Cela permettrait
de remarquer des détails (vieux murs, clôtures, jardins) non
retenus à l’aller. Ou bien, revenu à la rue de Chaponval, on
peut rejoindre la station de Chaponval et prendre le train, soit
vers Auvers, soit vers Pontoise et Paris. Avant le départ, ne pas
manquer de regarder le "Café de la Halte". Il a peu changé depuis
1890. Il était tenu alors par le graveur Penel. Van Gogh y venait.
C’est là qu’il a accueilli, le 8 juin 1890, son frère
Théo qui, accompagné de sa femme et de leur jeune fils, passa la
journée avec Vincent chez le Docteur Gachet.
Dans cette traversée d’Auvers, un véritable musée en
plein air s’est offert à vos yeux, un musée vivant. On y
trouve le souvenir d’un XVIIIe siècle paysan mêlé aux
vestiges d’un Moyen-Age en bel essor. On y passe en plein
XIXe siècle encore rural et déjà bourgeois. Et l’on se
retrouve, aujourd’hui, dans un Auvers où l’on vit,
travaille, sans renier le passé, en conservant précieusement
l’équilibre d’un cadre où il fait bon vivre. Auvers
réserve encore d’autres attraits de paysages, d’art et
d’histoire : à découvrir lors d’autres visites plus
approfondies...
Pour revenir à votre point
de départ, suivez la flèche.